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Yvonne et Christine Lerolle avaient tout pour être heureuses

Dominique Bona, invitée aux Rendez-vous d’Atlantia à La Baule revient sur les destins étonnants des sœurs Yvonne et Christine Lerolle.

C’est l’histoire de deux sœurs, Yvonne et Christine Rouart (nées Lerolle). Leur père, Henri Lerolle, est un peintre très en vogue de la fin du XIXe siècle. Un de ses tableaux est actuellement exposé au Metropolitan Museum à New-York. L’enfance des jeunes filles est rythmée par la présence de certains des plus grands artistes de leur époque : Edgard Degas, Mallarmé, Gide ou encore Claudel.

Les sœurs au piano

Sans oublier Renoir, qui a peint un tableau des demoiselles au piano (Yvonne et Christine Lerolle au piano). « Ce tableau a un destin très romanesque : Renoir a peint beaucoup de portraits de famille pour l’argent, ce n’est pas le cas ici. Il a d’ailleurs gardé le tableau avec lui jusqu’à sa mort en 1919. Parfois, il l’emmenait même en vacances avec lui », explique Dominique Bona.
L’histoire du tableau ne s’arrête pas à ce moment-là. Il passe entre plusieurs mains jusqu’en 1947, quand il est racheté par la grande collectionneuse Domenica Walter (née Juliette Lacaze). Femme sulfureuse, elle a été accusée d’avoir assassiné son premier mari, son second mari et d’avoir tenté de tuer son fils adoptif. André Malraux, profitant du procès contre elle, obtient qu’elle vende son impressionnante collection de tableaux à l’Etat. Domenica en garde la jouissance jusqu’à sa mort en 1977 et les tableaux vont alors au Musée de l’Orangerie.

Mariages arrangés

Revenons-en aux sœurs Lerolle. En plus d’avoir fréquenté des génies depuis leur plus jeune âge, elles ont la chance d’avoir une famille aimante. « À l’époque, on se marie surtout dans le cercle familial et amical », souligne Dominique Bona. Yvonne et Christine ne font pas exception et épousent deux des fils d’Henri Rouart, Louis et Eugène. Pour la petite histoire, ces mariages sont arrangés par deux « maîtres » : Degas et Gide. Le peintre est un très bon ami d’Henri Rouart et l’a aidé à réunir sa collection de peinture. « La famille a eu tort de lui faire confiance », estime Dominique Bona.
Henri Rouart est un homme brillant. Très brillant. Homme d’affaire, polytechnicien, peintre et inventeur, « sa personnalité hors norme écrase ses quatre fils qui ont de gros complexes », ajoute Dominique Bona. Ses fils sont beaux et ils parlent fort. Les sœurs vont épouser ceux ayant le plus de personnalité.

 

Les deux couples

Eugène et Yvonne. Le rêve d’Eugène, c’est d’être écrivain. Il écrit avec André Gide. Il partage aussi les penchants homosexuels de son ami, ce qu’il vit très mal et fait tout pour le cacher. D’autant que ça risque fortement de nuire à sa carrière politique dans le Sud Ouest. Après une jeunesse passée à Paris, Yvonne se retrouve à la campagne avec pour seule présence un mari qui n’est pas honnête avec elle et deux jeunes enfants. « Elle se replie sur son foyer triste et sur son piano », souligne Dominique Bona.

Louis et Christine. L’autre couple est tout aussi malheureux, mais pour des raisons bien différentes : Louis est un homme contradictoire, fervent catholique, c’est aussi un coureur de jupons invétéré. Il aime aussi écrire et participe à plusieurs revues. En opposition au reste de sa famille, il devient monarchiste et antidreyfusard. Pour connaître la fin de leur(s) histoire(s).... il faudra lire Dominique Bona !

Dominique Bona, Deux sœurs, Éditions Grasset, 382 p., 20,90 €.
 

Auteur : AP | 02/06/2012 | 0 commentaire
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