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Si on allait aux champignons ?

Proposée par le Comité des fêtes du Guézy et organisé par le groupe mycologique de Saint-Nazaire, la 10e édition de cette exposition didactique a battu des records avec 138 espèces présentées, dont un très rare Battarrée phalloïde.

Le groupe mycologique de Saint-Nazaire, fort de ses 128 adhérents, est le second en importance de la Région Ouest. Il propose des sorties découverte sur le terrain et présente de nombreuses animations autour du champignon comme ce week-end à La Baule.
La plupart des visiteurs viennent à ces rendez-vous pour faire « analyser » leur propre cueillette. Eux, comme les autres, tombent de haut devant la multitude d’espèces présentées.
Cet individu, un peu à part dans la nature, ni animal, ni végétal se classe dans la catégorie des fongiques. Contrairement aux végétaux qui s’alimentent grâce à la lumière du soleil et au gaz carbonique, le champignon vit grâce à la matière organique des autres espèces, il est saprophyte. Il profite, le malin, des faiblesses d’un feuillu pour s’y installer, c’est un véritable parasite, mais qui vit aussi en symbiose avec des arbres et leurs racines (comme le cèpe).
Des poussées incroyables cet été
Passionné depuis 38 ans, Alain Ricordeau, le vice – président du groupe mycologique de Saint-Nazaire est un puits de science en la matière. Mycologue confirmé, même s’il n’est pas mycophage, il adore parler de champignons : « J’ai eu très peur pour cette exposition, je comptais rassembler une cinquantaine d’espèces, la nature a été généreuse ». Certes, ce n’est pas un automne pour eux, pas assez d’humidité. « On est complètement en décalage, cet été, j’ai constaté des poussées incroyables et même vu des champignons qui apparaissent en octobre sortir en mai.» 
L’exposition prodigue des conseils sur la cueillette. L’on apprend à différencier les bons, des moyens, des sans goût culinaire et des franchement toxiques, par ne pas dire mortels, comme l’Amanita Virosa qui prolifère depuis quelques années sans raison apparente, ce qui inquiète et interroge les spécialistes. 
Certes, un champignon, c’est beau, méfiance. Le champignon vénéneux est rusé et prend souvent l’apparence d’un comestible, histoire de tromper son monde. On se demande quel plaisir, il peut en tirer.
Prudence aussi, le champignon est comme une éponge. Il a tendance à absorber les éléments toxiques, en particulier le plomb (éviter les bords de route), les solvants (fuyez les abords des décharges et de certaines entreprises) et les pesticides (oubliez les abords des zones cultivées).
Mais le champignon, c’est bon tout court et pour la santé, il apporte des protéines végétales, des fibres et de la vitamine B2. D’autres ont des pouvoirs hallucinogènes, comme l’Amanita muscaria, le plus connu des vénéneux, nom commun : Amanite tue-mouches (dessus rouge à pois blancs).
Attention, prévient notre mycologue : « Il est interdit de transporter ces espèces de champignons, d’abord, il faut savoir les reconnaître. Les Inuits en utilisent d’autres pour ''faire passer'' l’hiver glacé, éléphant rose garanti, mais, danger mortel pour les non initiés ».
Enfin, certains champignons, ont des vertus médicinales, d’autres aphrodisiaques, cette recette à base de crème de champignons et à l’huile de truffe…
Le champignon contribue à la bio diversité.
Autre conseil d’Alain Ricordeau : « Il faut éviter de transporter le fruit de ses labeurs dans un sac plastique, le champignon n’aime pas et il va fermenter ». Et puis, il insiste sur le fait : « Qu’un champignon ne vous fera pas de mal, alors, laissez le tranquille, çà ne sert à rien de le détruire par plaisir, il contribue à la bio diversité ».
En cas de doute, consultez un spécialiste ou un pharmacien ! Reste à trouver celui de garde, un dimanche après-midi, une fois réalisées vos emplettes dans la forêt, avant de se lancer dans l’omelette dont l’addition pourrait bien se payer aux urgences.
Enfin, si l’angoisse persiste, vous n’aurez plus qu’à aller voir dans le bac à légumes du frigo où une splendide barquette de champignons de Paris ôtera vos craintes : « Celui-là, c’est sûr, il est bon ».

Pratique :
Le groupe mycologique de Saint-Nazaire a repris ses activités automnales, vous pouvez accompagner les adhérents de l’association gratuitement lors de sorties ou assister aux réunions mensuelles.
Prochaine expo : 15 et 16 octobre, salle de l’Immaculée Saint-Nazaire, 22 et 23 octobre à Saint-Brévin et du 7 au 13 novembre un grand rendez-vous pour les journées de l’Estuaire à Piriac.
Tel : 06 72 32 78 19

Auteur : JRC | 09/10/2011 | 0 commentaire
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