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La retraite, les Jacobs ne vont pas en faire un… fromage

Depuis janvier 1987, Micheline et Gilles Jacobs tiennent un rayon fromagerie sous la vieille halle du marché.  Ce dimanche 12 février 2012, jour de fermeture définitive, est un moment particulier. Ils sont les seuls, après une période transitoire dans la halle provisoire, à ne pas revenir dans la nouvelle halle en mai 2013. Nostalgie.

C’est en 1949 que Joseph et Henriette Jacobs créent leur banc « Fromagerie - Volailles » sous les halles du marché de La Baule. Très dynamique, le « Père Jacobs » est à l’origine, avec le boucher Gilles Martin notamment, de la création de l’ADIM, l’association des commerçants du marché. C’était en 1972, elle fête donc ses quarante ans. Alors que les halles, construites en 1912, fêtent leurs 100 ans pour mourir et renaître sous une autre forme.
En 1987, le fils Gilles et son épouse Micheline prennent la suite des parents et assurent un quart de siècle du rayon Jacobs. « Je suis né en septembre 1952. Ma première saison, je l'ai faite dans le ventre de ma mère ». En ce dimanche, la nostalgie est présente. À l’heure de la dernière remballe, de nombreux souvenirs professionnels et familiaux occupent les esprits. « Demain nous démontons nos vitrines. La plupart vont partir à la benne. Ici, notre banc s’étalait sur 11 m de long. Lundi, sous la halle provisoire, il ne fera que 4 m. ».  Sans successeur, pas propriétaire des lieux Gilles Jacobs ne pourra pas négocier une quelconque reprise de son matériel au moment de la cessation d’activités.

Retard apprécié

Oui, une fois n’est pas coutume, le retard d’une année pour les travaux de reconstruction de la nouvelle halle est apprécié par Gilles Jacobs. « Avec les 18 mois environ que je vais effectuer dans la halle provisoire, en mai 2013 j’aurai obtenu mes trimestres pour ma retraite. C’est parfait ». Au moins un heureux.
Le couple reste optimiste et satisfait de sa carrière. « Nous avons une clientèle fidèle et très sympathique. Seulement un peu vieillissante car pas remplacée par les enfants. C’est fini le temps où nous avions 14 employés à la vente en saison. Depuis trois quatre ans, un petit renouvellement de la clientèle, avec de gros week-ends, nous a permis de maintenir le chiffre d’affaires. Nous tenons le banc tous les deux aujourd’hui ».
La véritable cassure au niveau de la fréquentation s’est produite en 1991. « Au moment de la création du marché de l’avenue Lajarrige à La Baule les Pins, le marché de La Baule a connu un fort préjudice. Nous avons perdu 30 % de notre chiffre d’affaires ».
 

Nostalgie n’est pas tristesse

Le couple fromager baulois n’est pas triste. La carrière professionnelle fut belle. « Pour ce dernier jour ici, nous avons du mal à traduire nos sentiments. Cela fait drôle. Nous aimions bien notre beau marché. Il avait une âme. Même vieux avec son côté « rococo » ou marché d’antan, il plaisait bien. Nous regretterons le contact de la clientèle ».
L’heure de la dernière remballe est imminente. Micheline et Gilles veulent rester positifs malgré la température négative qui fige les bons fromages coulants et odorants dans les vitrines.
Après un dernier « coup de collier », d’environ 18 mois, sous la halle provisoire juste derrière, les Jacobs auront fermé la boucle. « Pour nous l’heure de la retraite aura sonné. Nous serons plus disponibles pour notre petite famille ».

Auteur : JLM | 12/02/2012 | 0 commentaire
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