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Christophe Mathieu, l’homme poisson

Le Baulois Christophe Mathieu veut traverser l’Atlantique à la nage pour établir un record officiel. Il entreprend ce pari un peu fou par défi personnel, mais aussi pour faire réagir.

« Je veux que ce défi permette de récolter des fonds pour aider les tétraplégiques du centre de rééducation de Pen-Bron et l’œuvre des Pupilles Orphelins des Sapeurs-Pompiers ».

Un nageur confirmé

Pompier au centre de secours de La Baule, Christophe Mathieu a toujours pratiqué la natation de manière intensive lors de ses années de formation et a très vite participé aux championnats du monde pompier/police.
Lors d’épreuves au Canada en 1996, Christophe Mathieu ramène de Edmonton cinq  médailles. Au fil des années, il étoffe son palmarès, notamment aux  Jeux mondiaux pompiers-police à Daegu en 2010 (Corée du Sud), il récolte sept médailles dont une en or aux 4×50 m 4 nages. Il  ambitionne  de remettre le couvert en août prochain à New York.

Le parcours

Christophe Mathieu envisage de partir du Cap-Vert (Sénégal) avec pour point d’arrivée La Barbade aux Antilles. La distance totale est de 3 400 kilomètres à la force des bras. Le nageur de l’extrême précise : « Sans l’utilisation de matériel de propulsion, Les courants seront porteurs, mais je prévois une durée de 100 jours, à raison de 34 km par jour ».
Des tentatives de ce genre ont déjà eu lieu, comme celle du Nantais Guy Delage en 1955, mais aucune n’a été homologuée ; s’il réussit son pari, Christophe Mathieu veut l’officialiser au Guinness.
« En fonction de mon état physique, mental et des conditions de mer, je compte nager de 10 à 12 h par période de 24 heures. Le rôle du GPS est très important afin qu’aucune contestation ne soit possible. Le relevé permettra de reprendre la nage à l’endroit exact où la balise s’est éteinte ».
En effet, c’est à bord du bateau d’assistance qu’il récupérera, se fera masser et tentera de dormir en rêvant de l’autre bout de cette piscine géante. Le challenge paraît un peu surhumain, mais, est déjà inscrit dans sa tête.
 

48 heures de natation pour une mise en jambes

Depuis septembre 2011, Christophe Mathieu a commencé sa préparation physique et mentale avec un programme rigoureux à la piscine de La Baule. Pour mesurer davantage les conditions éprouvantes qui l’attendent, il s’impose par exemple ce week-end (7 /8 février) 48 h de natation quasi non stop. (Ouvert au public)

« Pour commencer, l’on s’est fixé des rythmes de 4 h de nage ; mais rien n’est figé. Cela va nous permettre de définir justement les rythmes de natation pour la traversée. Ce sera l’occasion aussi, avec toute mon équipe, de réaliser différents tests. »

Tests sportifs, matériels, médicaux, diététiques, de rythme de repos et de sommeil, mais aussi des essais de différentes combinaisons et de crèmes pour éviter les blessures liées à l’échauffement de la peau  sont au programme; tout l’état-major est présent à l'Aquabaule.

Rencontre 30 minutes avant sa mise à l’eau.

Christophe Mathieu à 42 ans, n’a rien d’un « Alain Bernard », il puise sa force dans le mental, d’après son staff. Un peu stressé, sans plus, car l’association s’est mobilisée pour le projet : « On a toujours un petit peu peur d’un incident et puis, nous sommes un peu attendus ».

Trop lucide, même si l’objectif de 68 kilomètres prévu ce WE dans le couloir qui lui est réservé peut paraître dérisoire face au challenge maritime à venir. « C’est le premier grand test avant de poursuivre en mer sur des périodes de 10 à 15 jours ».

« L’idée de départ, c’est ce tétraplégique qui j’ai emmené en mer au Maroc, il ne pouvait que tourner la tête et m’a dit : Tu sais Christophe, la vie, elle est belle. En sortant de l’eau, j’en ai parlé autour de moi en disant que j’allais faire un truc pour faire parler du monde du handicap ».

Le défi sera aussi l’occasion d’un projet pédagogique avec 50 classes tirées au sort, partout en France qui suivront le périple de Christophe Matthieu de sa préparation à l’arrivée, avec un accès privilégié via internet pour contacter l’équipe sur le bateau.

À la question sur les dangers : « C’est dans un coin de sa tête, la rencontre avec un requin ou des méduses, c’est le risque principal, ou bien la blessure bête ou même un simple rhume ». (Lors de sa traversée, Guy Delage avait été attaqué par un requin).

Le financement reste à trouver

En effet, l’histoire demande, outre de la préparation, une chasse aux sponsors, le budget est estimé entre 700 000 et 1,5 millions d’euros. En effet, le nageur sera bien évidemment accompagné durant la traversée par un médecin, Jérôme Devoize en kayak, du skipper Hervé Lefranc et de trois hommes d’équipage sur un catamaran. Le départ aurait lieu s’il trouve des partenaires.
Le gros du budget n’est pas encore trouvé : « Comme tout projet, cela demande du temps et des négociations. Par exemple, l’association cherche un catamaran de 45 pieds. Avis aux amateurs !» lance Christophe Mathieu.

Un premier départ se fera de La Baule pour démarrer l’aventure médiatique avec une traversée de la Baie jusqu’aux Evens. Ensuite, direction le Cap-Vert pour le départ officiel du record. Une seconde arrivée est prévue en baie de La Baule pour clôturer cette aventure.

Pratique :
Son association de soutien : Cap vert-la Barbade, 36 bd de Cacqueray 44500 La Baule, 06.73.32.09.48 /02.51.10.86.45

Site : capvert-labarbade.com

 

Auteur : JRC | 04/02/2012 | 0 commentaire
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