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Causerie avec Macha Méril

L’actrice et écrivain était ce week-end aux Rendez-vous des écrivains. Entre deux dédicaces, Macha Méril a répondu à quelques questions dans la bonne humeur

Vous touchez à tout. Comment êtes-vous arrivée à l’écriture ?
C’est une vieille histoire. J’ai commencé ma vie de comédienne très jeune vers quinze, seize ans, je faisais une licence de lettres que j’ai un peu séchée pour le cinéma. Je devais gagner ma vie car ma famille était assez pauvre. La tentation d’avoir tout de suite un métier, de travailler et les cachets, sont très éblouissants pour une jeune femme. J’ai un peu abandonné ma licence de lettres mais je pense avoir fréquenté les mots à travers ma vie de comédienne. Les années passant, à un moment donné, il faut sauter le pas, il faut avoir le courage de se dire, « ça y est, je vais écrire ». Ça, c’est un autre moment de ma vie qui est arrivé très tardivement.
C’est une vraie maladie de dire que les gens sont touche-à-tout. Parce que, c’est comme ça, il y a des gens qui ont des dons multiples et c’est la même chose qu’on exprime sous des formes différentes. Avoir des mondes différents me permet de me rafraîchir et comme ça, je ne m’ennuie jamais. Je n’ai pas envie de m’ennuyer, j’ai besoin de ne pas arriver au stade de la lassitude. Quand je suis sur les planches, j’ai ma tête qui mouline et qui fabrique le prochain roman. Et à l’inverse, j’ai la nostalgie du théâtre. Ça, c’est formidable, c’est un petit système que je conseille : ne pas avoir une seule activité. Mais il n’est pas impossible qu’à un moment, je me concentre sur une des deux activités.

Comment est venue l’inspiration pour votre dernier livre « Ce qu’il voulait » ?

J’ai vécu deux histoires d’amour très palpitantes. Je me posais la question : qu’est ce que les garçons ont dans la tête maintenant ? Qu’est ce qu’ils veulent ? Ce n’est pas facile. On les comprend de moins en moins, de même qu’ils ne nous comprennent pas. Peut-être que la solution c’est de ne pas se poser de questions et de se dire qu’on peut s’aimer sans se comprendre. Je me suis aussi demandé, comment une femme fait pour surmonter une déception, un chagrin. Dans mon roman, elle rencontre cet homme avec qui elle vit quelque chose de très fort puis il disparaît. Il faut qu’elle vive cette disparition. Je crois que ça arrive de plus en plus, et il faut vivre l’après. Mon thème était : « qu’est-ce qui fait qu’on s’aime, qu’on se quitte et qu’est-ce qu’on en fait ». Quand on écrit, ce n’est pas que pour les autres, c’est aussi pour soi. Je me suis demandé comment je m’en étais sortie. Ça avait été violent. L’écriture est une force si on a les moyens d’évider l’écheveau terrible d’un cœur, d’une âme. Je pense que les femmes sont supérieures aux hommes là-dessus parce qu’elles voient les choses en face. Je pense qu’elles sont pragmatiques et honnêtes face à ce qu’elles vivent.

Pour vous, quelles sont les difficultés que les femmes rencontrent aujourd’hui ?
Combien de femmes sont étouffées par leur vie matrimoniale ! Il peut y avoir des cas merveilleux de gens qui trouvent l’âme sœur et sont heureux jusqu’au bout ; c’est rarissime. D’ailleurs, franchement je n’y crois pas. Ça veut dire que les difficultés, elles ne finissent pas. Quand elles sont jeunes, quand elles veulent avoir des enfants… La solution, c’est de s’occuper de soi, soi-même : d’avoir des centres d’intérêts et des amis. Nous sommes tous logés à la même enseigne. Il faut s’habituer à l’idée que le bonheur idéal qu’on nous a présenté avec le mariage comme solution à tout, est fausse. L’autre problème, plus social, est le manque d’aventure proposée par la société d’aujourd’hui, à moins d’être dans une situation privilégiée. Mais l’ascenseur social est complètement stoppé. Mais il reste encore des parcours, des choses à découvrir, sur le sexe. Je trouve d’ailleurs qu’on n'en parle pas assez : le sexe, c’est se découvrir soi-même. Cette aventure-là m’intéresse, et je pense que c’est l’une des dernières qui nous reste à disposition.
 

Auteur : AP | 28/10/2012 | 0 commentaire
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